« Le Point » final: DSK, oublie-nous et tire-toi

par: Jon

« J’ai été naïf, pour ne pas dire plus. Ce qui est valable pour un chef d’entreprise, un sportif ou un artiste ne l’est pas d’un homme politique ».

ImageDSK ne comprend décidément rien à rien. Il se confie dans le nouveau numéro du Point, d’où est tirée la phrase mise en exergue de cet article. Préparant son retour sur la scène publique (mais l’a-t-il un jour véritablement quittée, cette scène?), DSK croit comprendre qu’il doit d’abord demander des excuses à sa femme aux Français. Car monsieur Strauss-Khan pense avoir « causé une double déception aux Français et [il] le regrette ». Personnellement, je n’ai pas été déçu car je n’attendais RIEN de la part de DSK. Professeur d’économie, directeur du FMI, il aurait été identique à son homologue droitier, M. Sarközy de Nagy-Bocsa. J’ai bondi lorsque je l’ai entendu sur le plateau de Claire Chazal (quand il a essayé de s’excuser pour la première fois, sans succès) évoquer le cas de la Grèce: mais qui était directeur du FMI quand la Grèce s’est effondrée? Comment M. Strauss-Khan ose-t-il ne serait-ce que parler des Grecs alors qu’il est l’un de ceux qui ont contribué à détruire le système public grec, grâce à la machine destructrice qu’on appelle Fonds Monétaire International?

Pour revenir sur l’infâme phrase prononcée par DSK dans le Point, je voudrais m’adresser à celui qui ne lira probablement jamais ces lignes:

Non, M. Strauss-Khan, ce n’est pas votre comportement libertin qui aurait dérangé les Français car ils n’accepteraient pas cela d’un de leur dirigeants tout en l’acceptant chez « un chef d’entreprise, un sportif ou un artiste ». Non, ce que le monde n’accepte pas c’est le viol, l’agression sexuelle, la prostitution et la marchandisation des corps. C’est cette morgue que vous continuez à porter sur vous et qui est une insulte à celles qui ont souffert de ce genre d’agression. C’est votre regard vide dans cette photo qui orne la couverture du Point et qui peine à cacher cette âme si sombre qui me donne la nausée.

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Bayrou, Mélenchon, Royal: de l’hubris en politique

Par: Jon

« En dehors des partisans de l’extrême droite, les Français semblent préférer des candidats « normaux », qui jouent les modestes, se fondent dans le paysage et ne se croient pas incontournables. Même le « sauveur » de Gaulle avait fini, en son temps, par avoir des problèmes avec le peuple. Sortir du lot aujourd’hui est plus hasardeux que jamais. »

Cet article du Point  écrit par Sylvie Pierre-Brossolette nous apprend que la défaite (certaine ou probable) de trois candidats aux législatives, Mélenchon, Royal et Bayrou s’explique par le fait que ces candidats soient haut-en-couleur, et se présentent eux-mêmes comme des égotistes finis. Ce qui n’est pas faux, convenons-en tout de go. La conclusion de l’article est par contre assez surprenante: « Sortir du lot aujourd’hui est plus hasardeux que jamais. » Est-ce vraiment le cas, ou pouvons-nous apporter un autre élément de réponse? Peut-être que le vocabulaire de la tragédie classique nous viendrait en aide…

Jean-Luc Mélenchon, le 5 juin 2012 au Palais de l'Elysée - AFP/Archives Bertrand Langlois

Jean-Luc Mélenchon, le 5 juin 2012 au Palais de l’Elysée – AFP/Archives Bertrand Langlois

Si « sortir du lot » se conclurait par une défaite à un élection pour un candidat, Sarkozy n’aurait jamais été élu. De même, relevons la contradiction interne à la phrase de la journaliste: les candidats d’extrême-droite sortent du lot. Alors, qu’en est-il? Le point commun de ces trois candidats est leur hubris. L’hubris est le défaut fondamental du héros tragique qui le pousse à commettre l’irréparable et le mène à sa chute. C’est Bayrou et son obsession pour son ‘destin présidentiel’, Royal et son égo surdimensionné, Mélenchon qui se voit en chevalier blanc redresseur de torts. Ce que les électeurs ont condamné c’est cet hubris, pas le fait de vouloir un candidat ‘normal’ (expression stupide et hautement journalistique).

Tous les politiques ont en commun cette démesure qui les poussent à se présenter devant le jugement populaire du vote. Certains, plus malins peut-être, arrivent à le cacher. Est-ce comme cela que l’on peut faire la différence entre un bon et un mauvais politique?