Bagatelle pour un massacre

Par: Jules

Le sur-soldatJ’aime bien ces jeux de ping-pong entre blogueurs, et constater l’émulation qu’a provoquée mon article d’hier auprès de mon coblègue Jon, au sujet d’un terme malheureux. D’autres personnes ont également appuyé cette maladresse linguistique. Je ne la modifie pas, puisque l’idée est pour moi parfaitement claire. Je vais juste préciser. Ce que je voulais dire, c’est que les militaires sont innocents parce qu’ils sont, aux yeux de l’imaginaire collectif, des personnes à part. Déconsidérées dans leur personne, ils ont accepté de perdre leur identité au service de la Nation. Les parents d’élèves le disent bien: « si tu continues de faire le malin, Kévin, on te met en école militaire ! » Comprenez: tu te feras botter le fion pour rentrer dans le moule. Bien évidemment, le diable se cachant dans les détails, tous les militaires ne sont pas, heureusement, des anciens cancres qu’on aurait réprimandés. En ce sens, ils sont plus neutres qu’innocents. On n’a pas tiré sur des personnes, on a tiré sur une institution. On n’a pas tiré sur des enfants, mais sur un double symbole religieux et historique. J’aurais presque envie d’écrire qu’on a touché là une dimension sacrée, des symboles intouchables de notre culture. L’armée et l’éducation. Je compte sur Jon pour retrouver, car je n’ai pas le livre sous la main, le passage d’Heart of Darkness qui lui rappelera ce que je veux dire. On ne touche pas nos militaires, et on ne touche pas nos enfants. Un point c’est tout.

Sinon, ce blog est vivant, les commentaires sont les bienvenus, et les contributions également. Vous savez ce qui vous reste à faire. Ouvrez vos esgourdes, réfléchissez à ce que vous entendez et venez participer !

Publicités

Hésitations

Par: Jules

 » Je suis pas sûre d’être à la hauteur… »

Voici ce qu’une voix aimée et amie m’a glissé hier par l’intermédiaire d’un SMS quant à la proposition de participer à l’écriture de ce blog. En effet, quand je lui en ai parlé dans l’après-midi, la réaction fut quasi-immédiate: « euh, il y aurait une petite place pour une contributrice ? ». Et quelques heures plus tard, voici les hésitations qui commencent à poindre et à transparaître à travers le granit de l’enthousiasme primitif. Pour des raisons irrationnelles, d’ailleurs, elle n’est ni illettrée, ni stupide, capable d’une bonne capacité d’analyse, avec une acidité délicieusement mordante… Tout est bon, y compris Jon qui a donné son feu vert.
Restent les fameuses hésitations, les procrastinations qui nous font dire que l’on ne sera pas à la hauteur (à la hauteur de quoi, d’ailleurs ?), de manière si lancinante qu’on finit par laisser tomber ou par faire une tentative si vaine qu’elle semble presque minée de l’intérieur.  J’ai envie de répondre à cette citation par une autre, qui résume bien plus intelligemment que moi ce que j’ai envie de dire: « la peur de la chose est pire que la chose elle-même ». Et je prends de plus en plus conscience de la véracité de cette phrase.

Donc oui, rassure-toi, tu es à la hauteur. Tu prends les manettes quand tu veux.

Inauguration

Par: Jules

« Et si on faisait un blog ensemble ? »

Le lieu du crimeCette proposition a été lancée il y a quelques années déjà par je ne sais lequel d’entre nous, dans je ne sais quel bar, au détour de je ne sais quel verre.
Jon et Jules, deux amis avant tout, deux blogueurs aussi, travaillant de manière différente mais complémentaire. Deux amoureux de la littérature, de la vie, des gens en général. Et depuis pas mal de temps, donc, cette idée d’un projet commun nous travaillait. Nous manquait l’objet: de quoi allions-nous parler ?
Le cahier des charges était dense: il nous fallait quelque chose d’original, de drôle, de relativement concis, d’intellectuellement stimulant, ayant une prise sur le hasard, l’aléatoire, le fragment tout en reflétant tout de même une part de notre quotidien de trentenaires. Un sujet dont on puisse parler le soir autour d’une bière, et non réservé à quelques happy fews. Suffisamment léger pour n’être surtout pas pris au sérieux, mais pouvant être porteur de réflexions intéressantes. Que l’on se dise « qu’ils sont cons ces mecs », mais aussi « mais quand même. »
Il a fallu quelques bières, une bouteille de rouge, des disques de Queen et des heures de déconnade pour que le concept s’impose: au lieu de commenter très sérieusement, comme notre formation nous a habitués à le faire, de belles phrases écrites par des gens très intelligents sur des sujets absolument inutiles; nous exercerons cet exercice sur des réflexions issues de notre quotidien, lues ou entendues, par n’importe qui: un collègue, un inconnu, un ami, un jeune, un vieux… La phrase qui nous aura paru de bon aloi sera dûment discutée ici, de manière libre, particulièrement si l’humour et la mauvaise foi s’en mêlent. Du plus trivial jaillit souvent le plus pertinent.
Bien sûr, quelques règles internes s’imposent: fréquence, longueur, régularité… Ce blog devant s’écrire à quatre mains, il y aura nécessairement quelques couacs. Mais l’idée est lancée, elle paraît contenir tout ce que nous voulions.Il y restera les contributions des lecteurs, qui pourront être publiées en tant qu’article complet si leur qualité s’impose d’elle-même.

Cher lecteur(trice), bienvenu(e), et bonne lecture !