Je de dés

Par: Jules

« The new worries are about black holes, which, according to some variants of string theory, could appear at the collider. That possibility, though a long shot, has been widely ballyhooed in many papers and popular articles in the last few years, but would they be dangerous? (…) As a result, Mr. Wagner and Mr. Sancho contend in their complaint, black holes could really be stable, and a micro black hole created by the collider could grow, eventually swallowing the Earth. »

Une fois n’est pas coutume, une citation en anglais que ma honte de traduire maladroitement, surtout auprès de Jon qui ne manquerait pas de se moquer de moi en riant et en me montrant au doigt avec son rire sardonique de sale pute défoncée au crack qu’il peut être par ailleurs, le charmant garçon; mais dont vous saurez sans difficulté saisir le sens, cultivés comme vous l’êtes, tout comme les lecteurs des Inactuelles. Ce passage est extrait d’un papier du New York Times daté du 29 mars 2008 qui traitait d’une plainte déposée en Amérique pour prévenir les expérimentations physiques faites dans le LHC (Large Hydron Collider), accélérateur de particules géant (27 kilomètres de diamètre, le bouzin, quand même) mis en route fin 2008, qui a pour but de recréer artificiellement les conditions du Big-Bang originel et de comprendre comment ça marche, tout ce bordel.
A ce sujet, et puisque j’aime les digressions qui font chier les lecteurs, m’inscrivant ainsi dans une longue tradition littéraire, de Cervantès à Sterne ‘avez-vous lu Tristram Shandy  à cet égard ? C’est un livre merveilleusement, divinement, génialement chiant, la métaphysique du chiant poussée à son point le plus ultime. Sublime.), tandis que je fêtais le mariage d’un couple d’amis ce week-end tout en me réjouissant des vacances qui s’approchaient et de la vie en général qu’elle était assez belle, finalement, les physiciens du monde entier étaient sur les dents parce qu’on a enfin découvert et observé cette particule jusque là complètement virtuelle et mathématique échafaudée par l’équipe du physicien britannique Peter Higgs: le boson de Higgs. En gros, puisque le photon est une particule, pourquoi n’a t-elle pas de masse ? Si on admet, et c’est ce qu’on admet sans l’avoir démontré jusque là, que c’est ce fameux boson de Higgs qui, s’intercalant avec toute particule existante, permet de lui donner une masse et qu’il n’y aurait aucune interaction boson/photon, par conséquent ceci expliquerait l’absence de masse de notre photon.
C’est pas con, quand même, et stupéfiamment (je m’en fous, la langue est vivante) bien vu, une intuition remarquable mais il fallait la prouver. Sans preuve, l’expérience est tchiiii, comme disent les élèves. Et cette semaine, les physiciens du CERN ont enfin donné raison à Higgs et son équipe. Ou presque, on ne sait encore précisément ni s’il existe, ni quelle est sa masse.
Et l’univers des possibles reste ouvert une fois cette hypothèse confirmée. J’en arrive enfin à la citation proprement dite. L’argument des plaignants était que dans la mesure où l’on ne connaît pas précisément les objets sur lesquels on travaille, il y avait des « worries about the black holes » qui pourraient engloutir en quelques instants notre bonne vieille Terre. A la limite, on se demanderait presque, et ce serait une question à poser à un physicien, ce qu’il adviendrait de moi, de mon ordi et de ma bière (santé !) ici présents le cas échéant.
Seulement comment le savoir si on ne teste pas ? Il y a peut-être un risque à bosser sur des particules élémentaires, mais cela n’en vaut-il pas la peine ? Ce risque n’en vaut-il pas le coup ? Dans la mesure où toute la préhension de la structure de l’univers risque d’en être bouleversée, l’appréhension est-elle de bon ton ? Je ne veux pas dire qu’il faille faire n’importe quoi, évidemment, les techniciens de Tchernobyl ou de Fukushima l’ont payé assez cher. Et les découvertes de la physique du début du XX ème siècle n’ont pas inspiré que les meilleurs sentiments. Seulement si la tête est bien faite en plus d’être bien pleine, voilà réveillée la pulsion primaire du scientifique, qui se dira « comment ? » alors que des lettreux comme nous se demanderont « pourquoi ? » Alors certes, il y a quelque chose d’indécent à dépenser autant de fric pour ces recherches qui peuvent avoir des retombées meurtrières pour l’humanité. La faute en reviendra-t-elle au physicien ou à l’industriel ?
Et en attendant, donnez des Sioux. Plein.

Philippemeiriade

Par:  Jules
« La fraude est une faute déplorable, qui doit être combattue avec la plus grande sévérité (…) c’est une faute morale » – Jean-Michel Blanquer, le directeur général de l’enseignement scolaire au ministère de l’Education, sur France Info.

Voilà une phrase bien française.
Encore une fois est soulevé, c’est la mode, le problème de la fraude durant l’examen du bac. Évidemment, avec les « nouvelles » technologies, il devient de plus en plus simple de tricher. Calculatrices avec clé 3G intégrées, petits smartphones ultra-puissants permettant et de photographier le sujet, et de l’envoyer en quelques secondes par mail à de bienveillants professeurs qui se chargeraient de le traiter et de le renvoyer par le même chemin au geek bachelier qui s’assurerait ainsi un petit 18 en maths. Au bac S, option maths, donc coeff 9 (de mon temps, en tout cas), autant dire qu’il a son bac.
Je ne crois pas trop à ce cas extrême de fraude. Pas par angélisme, mais justement par expérience de surveillant de bac et de brevet depuis (déjà) quelques années. C’est chaud, trop chaud, et trop risqué. Sortir un téléphone, photographier ou même taper un SMS/MMS/mail en PLEINE EPREUVE, alors que deux surveillants sont là, non. Trop risqué. Se planquer aux chiottes avec son IPhone pour photographier le sujet ? Retaper TOUT un sujet de maths sur sa calculatrice pour l’envoyer par mail, avec les manipulations que ça comporte paraît aussi bien trop suspect: comment un surveillant ne toperait-il pas un élève qui recopie tout son sujet ?…
Plus intéressant, éthiquement parlant, est le problème de la fraude. Que celui qui n’a jamais pompé en cours me jette la première pierre. Pompé sous quelque forme que ce soit: dans la trousse, sur les genoux, cours recopié sur la main, l’avant-bras, dans la calculatrice… Je me rappelle avoir perdu du temps à copier toutes mes formules de maths du bac sur ma vieille Casio ou de cacher les soigneuses lignes du cours d’histoire dans ma trousse. Sisi, ça m’est arrivé, et ne le dites pas à ma maman, elle serait encore capable quinze ans après de me botter le cul.

Maintenant, je me suis assagi, je suis de l’autre côté de la barrière et je donne plein d’interros à mes petits loulous de cinquième. (et mes grands c*** de troisième DP6, que je conchie au passage). Et fort de mon expérience d’ancien pompeur, je m’en tape. Non par mépris et dédain de mon métier, mais justement parce que je commence à croire à l’efficacité pédagogique de l’antisèche. On est dans une sorte de schizophrénie: on baisse le niveau des études, et donc des élèves, jusqu’à des profondeurs abyssales (plus de culture générale à science po, plus d’histoire-géographie en terminale S, plus de maths pour les première L… et j’en passe et des meilleures) et honteuses; et en même temps on dresse un arsenal de brouilleurs de téléphones en menaçant Avec Des Majuscules celui qui triche de sanctions exemplaires.
Vu le niveau du bac maintenant, est-il encore besoin de tricher ? Franchement ?

Le but n’est pas de tomber dans la rengaine du « c’était mieux avant », car ce n’était pas mieux avant. Le monde évolue, on doit évoluer avec lui, en se posant les bonnes questions: c’est quoi l’important ? Que Solène sache, à la fin du cours, ses verbes irréguliers pour s’en servir convenablement ou qu’elle ne triche pas le jour de son devoir ? Si l’on ne vise que l’intégrité morale, pour reprendre les termes de notre cher directeur, effectivement, défonçons Solène et mettons-lui un zéro à faire signer par les parents, ça lui apprendra à respecter l’ordre et la loi ! Après tout, il vaut mieux un 6 honnêtement acquis qu’un 12 qu’elle aura gagné en trichant et en recopiant tous ses verbes irréguliers pour bien les planquer dans sa trousse ! Nul doute qu’elle les aura appris sans s’en rendre compte.
Y a comme une incohérence, là. Elle est où, au juste, la faute morale de notre cher directeur ? Soyons honnête: les bons élèves ne trichent pas, ou ne se servent pas de leurs antisèches pour ne pas être gaulés, les cancres de chez cancres se contrefoutent d’une mauvaise note… Ceux qui pompent sont ceux qui veulent avoir la moyenne, qui n’osent pas/ont peur/n’ont pas confiance en eux et veulent quand même aller de l’avant. Alors s’il faut fermer les yeux et, une fois, faire semblant de ne pas avoir vu, parfois, pour rebooster un élève, je le dis: ce n’est pas grave.
Ca doit choquer, ce que je raconte. Entendons-nous bien. Je n’encourage pas la tricherie, ce n’est pas une solution. Mais je répugne aux sanctions brutales et arbitraires, je me sens illégitime de dire aux gosses que c’est une « faute morale » de tricher car je l’ai déjà fait étant gamin et je ne le regrette pas. Il doit être possible de faire, j’en suis persuadé, une poétique de la triche. Mais tolérer l’intolérable, ce qui est sûr c’est qu’on le fait déjà quand on reçoit des consignes aberrantes lors des corrections de bac et de brevet (« vous compterez juste telle réponse, et telle réponse, et puis ça aussi, et puis ça, et ça, et ça à la rigueur, même si c’est le contraire du bon sens et de la rigueur »), et se déculpabiliser en promettant des sanctions terribles contre le mauvais élève, c’est de l’hypocrisie, au sens étymologique: hypo-krinein: c’est une interprétation.

Un putain de méga bloc

Par: Jon

« Christine, saison 4, juste un putain de méga bloc! »

J’ai mis du temps à déchiffrer ce texto que m’a envoyé un ami, qui se prépare d’ailleurs pour le Printemps des Poètes. Saison 4, saison 4, oui, mais de quelle série? Puis je me suis rappelé que l’ami en question regardait Dexter, et je me suis dépêché d’aller vérifier sur Internet s’il y avait bien un personnage du nom de Christine dans cette saison.

Comment avais-je pu oublier?

Et même:

Presque aussi bien que Lila de la saison 2. Mais je préfère Lila quand même…