Brève de train

Par: Elle

«  Quand on voit ce que c’est devenu aujourd’hui »

TGV direction le Soleil (sens propre et figuré à la fois). Je m’installe, fatiguée et peu motivée par la perspective de passer cinq heures ballotée à culpabiliser de ne pouvoir travailler, de ne pouvoir dormir, de ne pouvoir lire, en résumé, de ne rien faire ! Devant moi, s’installent trois personnes de générations différentes et, je l’apprendrai au cours du trajet, de régions différentes, de milieux sociaux différents, de parcours professionnels différents. Une chose les réunit pourtant : l’engagement. Parfois, la vie vous fait des cadeaux, l’air de rien, et vous place dans le TGV juste derrière trois militants syndicalistes, qui, pendant 5 heures, vont partager, discuter, se souvenir, argumenter. Mieux qu’un bon film, mieux qu’un Zola, la vie, la vraie. Tous les sujets y sont passés, toutes les opinions politiques ont été décortiquées. J’étais accrochée à chacune des expériences, à chaque manifestation qui finissait par mal tourner, par chaque slogan analysé, par la lutte des classes encore et toujours présente (décidément, il est des sujets qui ne seront jamais épuisés). Je n’étais, bien entendu, pas d’accord avec tout ce qui a été dit, plusieurs fois j’ai eu envie de lever le doigt comme pour dire «  oui, mais…non » mais je me sentais « petite souris indiscrète » face à ces deux hommes et cette femme qui ont vécu tout un tas d’expériences alors même que je n’étais pas née.

Alors que je commençais à piquer du nez ( oui, 5 heures c’est long) est venu le sujet de la lutte pour les radios libres. Telle personne avait assisté aux manifestations de l’époque pour lutter pour la diffusion des radios libres ( légère digression en ce qui concerne les radios libres, voir ab-so-lu-ment Good Morning England à ce sujet, film terrible avec une bande son de la mort qui tue !) , puis est venue la réflexion choisie comme titre «  quand on voit ce que c’est devenu aujourd’hui, les radios libres, ne sont plus que des radios commerciales, qui marchent à coups de publicités… ».

Alors tel est le constat ? Quand on lutte, quand on est engagé, quand on va chercher les changements, on est forcément réduit à avouer un jour «  c’était mieux avant ! ». L’homme est-il forcément condamné à regretter un temps révolu et passé ? Ne peut-on pas juste se dire, qu’un jour, d’autres prendront le relais et lutteront à leur tour pour que ces radios commerciales redeviennent de vraies radios libres ? Ne peut-on pas se dire qu’il y a un espoir ? Que nos parents, nos grands-parents et ainsi de suite se sont aussi dit «  c’était mieux avant » sans pour autant que cela soit le cas ? Le monde évolue, qu’on le veuille ou non, trop rapidement pour certains , pas assez pour d’autres, mais il évolue ,n’est-ce pas l’essentiel ?

La chose rassurante dans tout ça, c’est qu’il reste aujourd’hui des révoltés à travers le monde, à petite ou grande échelle, des révoltés qui nous inspirent, qui donnent envie de bouger, qui donnent envie de vivre de belles choses, de participer à l’évolution, de pouvoir raconter plus tard dans une navette spatiale « j’ai fait ma première manifestation en 2002 quand Le Pen était au second tour » et de faire une longue liste des expériences vécues.

Le monde ne nous attendra pas, alors, merci à ces trois personnes qui m’ont donné envie d’allumer mon ordi, de mettre Nirvana (ça méritait au moins ça )à fond dans le casque et d’écrire cet article.

De frivolitas

Par:Elle

«Demain je travaille, je ne vais pas faire l’amour la veille de la rentrée».

Il fallait au moins ça pour me donner envie d’écrire le premier billet ici. Au milieu des réflexions en tout genre, autour de sujets ô combien sérieux, un peu de frivolité ne devrait pas faire de mal. La frivolité c’est le bien, après tout. Nous pourrions profiter de cette érotico-philoso-culturo citation pour converser autour du poids du travail sur notre quotidien, de l’impact du stress sur notre sexualité, citer telle ou telle grande référence de la littérature, invoquer les grands esprits scientifiques, argumenter à coups de Sade, de Freud, ou pire encore de Beigbeder… il n’en sera rien, nous nous contenterons de souligner que le Mâle d’aujourd’hui à une conscience professionnelle des plus développées, qu’il préférera arriver frais et dispo un jour de rentrée que de passer une nuit de folie ( folies). Nous ajouterons que, sans nul doute, le Mâle d’aujourd’hui, ayant le cerveau plus développé que cette autre part de son anatomie qui pourtant le définissait trop souvent jusque là ( oui, oui, vous pensez à la même que moi) préférera la masturbation cérébrale aux plaisirs défendus. Nous finirons par conclure, que, peut être, tout en chantonnant les Beatles et en repassant ses chemises pour la semaine, le Mâle d’aujourd’hui regrette déjà cette réplique, se dit déjà, que, la prochaine fois, il réfléchira avant de parler, qu’il tournera sept fois la langue dans sa bouche à défaut, désormais, de pouvoir le faire dans la bouche d’une autre.

Il est de ces phrases qui vous laissent sur le séant, de ces phrases qui sont jetées comme des filets à la mer, qui font sourire quand elles sont dites, qui amènent un regard plein d’auto-satisfaction, un trait d’esprit, une réplique qui fait mouche… il est de ces phrases qui, sans même l’avoir voulu, vous assureront une nuit calme et reposante, une semaine tranquille et apaisante, voire même une fin de mois douce mais chiante.