Anaphore, mon amour

Par Jon

« Et la France découvrit l’anaphore. »

écrit Daniel Schneidermann sur Rue89, à l’occasion du long monologue de François Hollande lors du débat du second tour. Le pire, c’est qu’il a raison. La France et ses journalistes ébaubis ont découvert cette figure de style, classique pourtant, le lendemain du débat entre les deux candidats.

Les journalistes se sont jetés sur le terme comme si c’était un mot barbare, venu d’ailleurs, paré de plumes et bariolé de couleurs étranges et exotiques: a-na-phore. C’est du grec, non? – Tu te rends compte, Hollande a utilisé une a-na-phore! Ils se sont gorgés de ce terme, ils se l’échangeaient sur les plateaux télé avec un sourire discret, comme des complotistes s’échangeraient un mot de passe vers une cache secrète ou des enfants apprenant à nommer une nouvelle chose.

Et quelle honte! Chaque élève de France voit cette figure de rhétorique à l’école, et pourtant les journalistes, dont le métier est de suivre et de commenter des discours politiques, c’est-à-dire de la rhétorique pure, apparemment ignoraient l’existence de ce procédé bien peu savant, il faut le dire.

Le fait que l’anaphore prenne le devant de la scène aujourd’hui montre bien l’ignorance crasse des journalistes qui nous informent – mais nous informent de quoi, si eux-mêmes ne savent rien?

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s