Dis-moi ce que tu portes…

Par: Jules

« Tiens, tu te mets aux Converse ?! Dis donc, tu t’embourgeoises ! »

Impromptue et dispendieuse soirée que celle de samedi soir, avec ma chérie et quelques personnes, amies et connaissances de mon ancienne classe de Terminale du lycée. Mine de rien, quand on y réfléchit une minute, ça remonte: Juin 2000, bientôt douze ans. Un bac L option maths, sans mention ni gloire à cause d’un malencontreux 5 en histoire-géo. Enfin soit, soirée tapas, à rire et à se remémorer le bon vieux temps, alors que l’une va accoucher le même mois où l’autre se marie (oui, l’unE et l’autrE aussi, les séries Littéraires ayant ce seul avantage qu’elles sont remplies de filles).
Et c’est au cours de la soirée qu’ayant jeté un coup d’oeil à mes pompes, l’une d’entre elles me fit remarquer que je portais des Converse. Sisi. Ayant cédé à une vente privée, je m’étais décidé à acheter ma première paire de pompes de cette marque. Cela était sans nul doute un compliment à recontextualiser dans le fil de la soirée, durant laquelle on remarqua que j’avais minci, ce qui doit être vrai dans la mesure où plusieurs personnes différentes me l’ont fait remarquer (en même temps, deux mois de travaux, ça travaille !), mais me porta à repenser sur le rôle que les marques nous font porter.
A la base, les Converse, c’est pour moi la chaussure de djeun’s par excellence. (Ca craint: on parle de djeuns quand on a conscience de ne plus en être un !) Celle que l’on porte avec un jean le week-end, pour bricoler ou pour sortir. Le compagnon en toile inusable et cool. Il faut croire que je me suis planté, puisque porter la chaussure aux étoiles équivaut maintenant, certainement à cause de son prix, à une marque d’embourgeoisement. C’est rigolo. Je tape cet article sur mon vieux Macbook et sur mon bureau traînent mes stylos Muji, les seuls qui tiennent bien la route, avec mon stylo à gel fétiche que l’on m’avait offert pour le CAPES, il y a déjà quelques années.
Qu’est ce que cela définit de moi ? Que dirait une personne lambda qui débarquerait sur mon bureau (qui lui-même doit vouloir dire quelque chose, puisque je l’ai acheté d’occasion et retapé en bas, dans la cour de mon immeuble) et à qui on dirait: « tiens, voilà le bureau d’un gars, que dirais-tu de lui à la vue de ces simples éléments ? »
Ce serait rigolo comme test, d’ailleurs. Quoi qu’il en soit, c’est que je m’aperçois que dans un monde où tout se définit par les codes, il est simple de se faire une mauvaise opinion des gens. Que je m’embourgeoise ? Oui, certainement, cela est bien possible après tout, quelques signes extérieurs d’aisance doivent en témoigner, ou plutôt doivent dire que je fais plus attention aux détails que je ne le faisais par le passé. Mais qu’on le juge à la vue d’une paire de pompes, ça m’étonne un peu. Des signes d’adulescence, sans nul doute, car certaines choses entendues me demeurent confusément obscures, au point de m’être senti bête à deux ou trois reprises. Qu’est ce qu’une « série 1 » ? et que veut dire concrètement « gérer un patrimoine » ? Il faudra que j’alpague quelqu’un au dit mariage cité plus haut pour m’expliquer ça entre deux coupes.

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